La CAF : définition, calcul et exercice corrigé (BTS MCO)

La capacité d’autofinancement (CAF) mesure les ressources internes qu’une entreprise dégage grâce à son activité sur un exercice : c’est l’argent réellement généré (produits encaissables − charges décaissables) qui reste disponible pour investir, rembourser ses emprunts ou verser des dividendes. Elle se calcule de deux façons qui aboutissent au même montant : la méthode soustractive (à partir de l’excédent brut d’exploitation) et la méthode additive (à partir du résultat net). Cet article reprend la méthode pas à pas, avec un exemple chiffré et un exercice corrigé, expliqués par un formateur en BTS MCO.

En bref

  • La CAF représente le surplus de trésorerie potentiel dégagé par l’activité : produits encaissables − charges décaissables. Elle finance l’entreprise par elle-même.
  • Deux méthodes, un seul résultat : la méthode soustractive part de l’EBE, la méthode additive part du résultat net. Elles doivent donner le même montant (c’est le contrôle).
  • On exclut toujours les éléments calculés (dotations, reprises) et les opérations sur le capital (valeur comptable et produits de cession des immobilisations).

Dans cet article, vous trouverez la définition de la capacité d’autofinancement, les deux méthodes de calcul détaillées, un exemple chiffré, un exercice corrigé par les deux méthodes et une FAQ. La CAF prolonge directement l’étude des soldes intermédiaires de gestion, puisqu’elle se construit à partir de l’excédent brut d’exploitation.

La capacité d’autofinancement : définition et utilité

La capacité d’autofinancement correspond à l’ensemble des ressources dégagées par l’activité courante de l’entreprise au cours d’un exercice, indépendamment des opérations d’investissement et de financement. Concrètement, on ne retient que les produits qui donnent lieu à un encaissement et les charges qui donnent lieu à un décaissement : on écarte donc les écritures purement comptables, sans mouvement de trésorerie, comme les dotations aux amortissements ou les reprises sur provisions.

La CAF répond à une question simple : combien l’entreprise a-t-elle gagné d’argent qu’elle peut réellement réutiliser ? Cette ressource interne sert à trois choses : investir (financer de nouveaux équipements), rembourser les emprunts (la part en capital) et rémunérer les associés (dividendes). Une CAF élevée traduit une entreprise capable de se financer par elle-même, sans dépendre systématiquement des banques. C’est pourquoi elle occupe une place centrale dans l’analyse de l’exploitation et dans l’analyse du bilan.

Formules de calcul de la capacité d'autofinancement (CAF) en BTS MCO

Les deux méthodes de calcul de la CAF

Il existe deux façons de calculer la capacité d’autofinancement. Elles reposent sur le même principe (ne garder que les flux réels de trésorerie) mais partent d’un point de départ différent. En épreuve, une seule vous est généralement demandée, mais savoir passer de l’une à l’autre permet de vérifier son résultat.

Méthode soustractive (à partir de l’EBE)

On part de l’excédent brut d’exploitation (EBE), issu des soldes intermédiaires de gestion, puis on ajoute les autres produits encaissables et on retranche les autres charges décaissables :

  • CAF = EBE + autres produits encaissables − autres charges décaissables

Les autres produits encaissables regroupent les autres produits de gestion courante, les produits financiers encaissables (revenus de placements, par exemple) et les produits exceptionnels sur opérations de gestion. Les autres charges décaissables comprennent les autres charges de gestion courante, les charges financières décaissables (intérêts), les charges exceptionnelles sur opérations de gestion, la participation des salariés et l’impôt sur les bénéfices. On n’intègre pas les dotations, les reprises, ni les produits ou valeurs comptables liés à la cession d’immobilisations.

Méthode additive (à partir du résultat net)

On part cette fois du résultat net de l’exercice et on « neutralise » les écritures sans incidence sur la trésorerie :

  • CAF = Résultat net + dotations aux amortissements, dépréciations et provisions − reprises + valeur comptable des éléments d’actif cédés − produits de cession d’éléments d’actif

On réintègre les dotations (charges calculées qui avaient diminué le résultat sans sortie d’argent) et la valeur nette comptable des immobilisations cédées ; on retire les reprises (produits calculés) et les produits de cession (qui relèvent d’une opération sur le capital, pas de l’activité courante). Le résultat obtenu doit être rigoureusement identique à celui de la méthode soustractive.

Le calcul de la CAF par la méthode soustractive se fait en 4 étapes :

  1. Repérer l’EBE dans les soldes intermédiaires de gestion (point de départ).
  2. Ajouter les autres produits encaissables (gestion courante, financiers, exceptionnels sur opérations de gestion).
  3. Retrancher les autres charges décaissables (gestion courante, financières, exceptionnelles, participation, impôt sur les bénéfices).
  4. Écarter systématiquement les dotations, les reprises et toute opération de cession d’immobilisation.

Exemple chiffré (méthode soustractive)

Alizé Boissons est un distributeur de boissons artisanales installé à Bordeaux. Sa comptable veut connaître la capacité d’autofinancement de l’exercice pour préparer le prochain plan de financement. Elle relève les éléments suivants dans le compte de résultat :

ÉlémentMontant
Excédent brut d’exploitation (EBE)145 000 €
Autres produits de gestion courante2 000 €
Produits financiers encaissables3 000 €
Produits exceptionnels sur opérations de gestion5 000 €
Autres charges de gestion courante1 500 €
Charges financières (intérêts)12 000 €
Charges exceptionnelles sur opérations de gestion4 000 €
Impôt sur les bénéfices30 000 €
Dotations aux amortissements (pour information)40 000 €
Reprises sur provisions (pour information)6 000 €

Produits encaissables ajoutés à l’EBE. 2 000 + 3 000 + 5 000 = 10 000 €.

Charges décaissables retranchées. 1 500 + 12 000 + 4 000 + 30 000 = 47 500 €.

Calcul de la CAF. CAF = 145 000 + 10 000 − 47 500 = 107 500 €. Les dotations (40 000 €) et les reprises (6 000 €) sont ignorées : ce sont des écritures calculées, sans mouvement de trésorerie.

Interprétation. Alizé Boissons a dégagé 107 500 € de ressources internes sur l’exercice. C’est cette somme que l’entreprise pourra mobiliser pour rembourser ses emprunts, autofinancer un investissement ou distribuer des dividendes, sans recourir à un financement externe.

Exercice corrigé

Énoncé

Boréal Sports est un distributeur d’articles de sport installé à Grenoble. À la clôture de l’exercice, sa dirigeante souhaite calculer la capacité d’autofinancement, puis la vérifier par la seconde méthode. Vous disposez de l’extrait suivant du compte de résultat :

ÉlémentMontant
Excédent brut d’exploitation (EBE)68 000 €
Autres produits de gestion courante1 000 €
Produits financiers encaissables4 000 €
Produits exceptionnels sur opérations de gestion3 000 €
Produits de cession d’éléments d’actif15 000 €
Reprises sur provisions5 000 €
Autres charges de gestion courante2 000 €
Charges financières (intérêts)8 000 €
Charges exceptionnelles sur opérations de gestion1 000 €
Valeur nette comptable des éléments d’actif cédés9 000 €
Dotations aux amortissements et provisions48 000 €
Impôt sur les bénéfices8 000 €
Résultat net de l’exercice20 000 €

Calculez la capacité d’autofinancement par la méthode soustractive (à partir de l’EBE), puis vérifiez-la par la méthode additive (à partir du résultat net).

Corrigé

Méthode soustractive. On part de l’EBE, on ajoute les produits encaissables et on retranche les charges décaissables. Attention : le produit de cession (15 000 €), la reprise (5 000 €), la VNC des éléments cédés (9 000 €) et les dotations (48 000 €) sont exclus du calcul.

Produits encaissables ajoutés = 1 000 + 4 000 + 3 000 = 8 000 €.
Charges décaissables retranchées = 2 000 + 8 000 + 1 000 + 8 000 = 19 000 €.
CAF = 68 000 + 8 000 − 19 000 = 57 000 €.

Méthode additive. On part du résultat net, on réintègre les dotations et la VNC des éléments cédés, on retire les reprises et les produits de cession :

CAF = 20 000 + 48 000 − 5 000 + 9 000 − 15 000 = 57 000 €.

Méthode soustractive (depuis l’EBE)Montant
Excédent brut d’exploitation68 000 €
+ Produits encaissables8 000 €
− Charges décaissables19 000 €
= CAF57 000 €
Méthode additive (depuis le résultat net)Montant
Résultat net de l’exercice20 000 €
+ Dotations aux amortissements et provisions48 000 €
− Reprises sur provisions5 000 €
+ VNC des éléments d’actif cédés9 000 €
− Produits de cession d’éléments d’actif15 000 €
= CAF57 000 €

Interprétation. Les deux méthodes donnent le même résultat : 57 000 €. Cette concordance est le meilleur contrôle de votre calcul. Boréal Sports a généré 57 000 € de ressources internes sur l’exercice, disponibles pour financer ses investissements ou rembourser ses dettes.

Erreurs fréquentes

  • Intégrer les dotations et les reprises. Ce sont des écritures calculées, sans mouvement de trésorerie : elles n’entrent jamais dans la CAF par la méthode soustractive (et se neutralisent dans la méthode additive).
  • Retenir les opérations de cession. Les produits de cession d’éléments d’actif et leur valeur comptable relèvent d’une opération sur le capital, pas de l’activité courante : ils sont exclus de la CAF.
  • Oublier l’impôt sur les bénéfices. Dans la méthode soustractive, l’impôt sur les bénéfices (et la participation des salariés) fait partie des charges décaissables à retrancher.
  • Confondre CAF et résultat net. La CAF n’est pas le bénéfice : elle mesure un flux de trésorerie potentiel. Une entreprise peut afficher un résultat faible et une CAF élevée si elle a passé beaucoup de dotations.

FAQ – CAF

Pour aller plus loin

La capacité d’autofinancement s’inscrit dans un ensemble de notions d’analyse financière qu’il faut maîtriser ensemble pour l’épreuve de gestion opérationnelle.

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