Prévision des ventes : les 3 méthodes (moindres carrés, Mayer, coefficients saisonniers)

Les trois méthodes de prévision des ventes au programme du BTS MCO sont la méthode des moindres carrés, la méthode de Mayer et les coefficients saisonniers. Les deux premières servent à dégager une tendance (un trend) et à prolonger une série de ventes dans le temps grâce à une droite d’ajustement. La troisième sert à répartir une prévision globale entre des périodes plus courtes (mois, trimestres) quand l’activité est rythmée par des saisons.

En bref

  • La prévision des ventes repose sur 3 méthodes au BTS MCO : les moindres carrés (la plus précise), la méthode de Mayer (la plus rapide) et les coefficients saisonniers (pour la saisonnalité).
  • Les moindres carrés et Mayer donnent une tendance sous la forme y = a×x + b ; les coefficients saisonniers répartissent une prévision annuelle déjà connue, période par période.
  • En pratique, on combine les deux : on dégage d’abord la tendance, puis on ventile la prévision avec les coefficients saisonniers.

Dans cet article, vous trouverez le principe, la formule et un exemple chiffré pour chaque méthode, puis un tableau pour choisir la bonne, les erreurs à éviter et une FAQ. Tous les exemples sont volontairement simples pour être reproductibles en épreuve, et expliqués pas à pas par un formateur en BTS MCO. Si vous voulez vous entraîner ensuite, des exercices corrigés de prévision des ventes sont disponibles sur le site.

Prévision des ventes : définition et utilité

La prévision des ventes consiste à estimer le chiffre d’affaires ou les quantités vendues sur une période future, à partir de l’historique des ventes passées. C’est un outil de pilotage de l’unité commerciale : il permet de fixer des objectifs, de calibrer les approvisionnements, de prévoir la trésorerie et de dimensionner les équipes. En BTS MCO, on prévoit en prolongeant une tendance observée et, si besoin, en tenant compte de la saisonnalité.

Formules de prévision des ventes BTS MCO

Méthode 1 : les moindres carrés

La méthode des moindres carrés cherche la droite qui passe au plus près de tous les points de la série. C’est la méthode la plus précise du programme. On ajuste une droite d’équation y = a×x + b, où x est le rang de la période (1, 2, 3…) et y la valeur observée (le chiffre d’affaires, par exemple).

La pente a et l’ordonnée à l’origine b se calculent avec les formules suivantes :

  • a = [Σ(xi·yi) − n·x̄·ȳ] / [Σ(xi²) − n·x̄²]
  • b = ȳ − a·x̄

n est le nombre de périodes, x̄ la moyenne des x et ȳ la moyenne des y. On construit d’abord un tableau avec quatre colonnes : xi, yi, le produit xi·yi et le carré xi².

En pratique, l’ajustement linéaire se fait en 4 étapes :

  1. Numéroter les périodes : x = 1, 2, 3… dans l’ordre chronologique.
  2. Construire le tableau des colonnes xi, yi, xi·yi et xi², puis calculer les sommes (Σ).
  3. Calculer les moyennes x̄ et ȳ.
  4. Appliquer la formule de a, puis celle de b, et écrire l’équation y = a×x + b.

Exemple. La Maison Verdy est une épicerie fine implantée dans le centre-ville de Tours. Son responsable prépare le budget de l’an prochain et souhaite estimer le chiffre d’affaires à venir, afin de calibrer ses commandes auprès des fournisseurs et d’ajuster ses horaires d’ouverture. Il dispose de l’historique du chiffre d’affaires des cinq dernières années (en milliers d’euros) :

Année (xi)CA en k€ (yi)xi·yixi²
11201201
21352704
31454359
416064016
517085025
Σ = 15Σ = 730Σ = 2 315Σ = 55

On calcule d’abord les moyennes : x̄ = 15 / 5 = 3 et ȳ = 730 / 5 = 146.

  • a = (2 315 − 5 × 3 × 146) / (55 − 5 × 3²) = (2 315 − 2 190) / (55 − 45) = 125 / 10 = 12,5
  • b = 146 − 12,5 × 3 = 146 − 37,5 = 108,5

L’équation de la droite est donc y = 12,5x + 108,5.

Pour prévoir l’année 6, on remplace x par 6 : y = 12,5 × 6 + 108,5 = 183,5 k€.

Interprétation : le CA progresse en moyenne de 12 500 € par an, et la prévision pour l’année prochaine est d’environ 183 500 €.

Méthode 2 : la méthode de Mayer

La méthode de Mayer, ou droite des points moyens, est une version simplifiée et rapide de l’ajustement linéaire. Le principe : on coupe la série en deux groupes de taille égale, on calcule un point moyen pour chaque groupe, puis on fait passer la droite par ces deux points. On obtient là aussi une équation y = a×x + b.

Les deux points moyens G1 (x̄1 ; ȳ1) et G2 (x̄2 ; ȳ2) sont les moyennes des x et des y de chaque moitié. On en déduit :

  • a = (ȳ2 − ȳ1) / (x̄2 − x̄1)
  • b = ȳ1 − a·x̄1

Exemple. Le magasin Sport Atlas, spécialisé dans les articles de sport, enregistre une progression régulière de ses ventes depuis un an et demi. Sa directrice veut anticiper rapidement les quantités à commander pour les deux prochains trimestres, sans construire le tableau complet des moindres carrés. Voici les quantités vendues (en milliers d’articles) sur les six derniers trimestres :

Trimestre (xi)123456
Quantités (yi)210225240270285300

On sépare en deux groupes : les trimestres 1 à 3 et les trimestres 4 à 6.

  • G1 : x̄1 = (1+2+3)/3 = 2 et ȳ1 = (210+225+240)/3 = 225, donc G1 (2 ; 225)
  • G2 : x̄2 = (4+5+6)/3 = 5 et ȳ2 = (270+285+300)/3 = 285, donc G2 (5 ; 285)

On calcule la pente puis l’ordonnée :

  • a = (285 − 225) / (5 − 2) = 60 / 3 = 20
  • b = 225 − 20 × 2 = 225 − 40 = 185

La droite est y = 20x + 185.

Prévision pour le 7e trimestre : y = 20 × 7 + 185 = 325 ; pour le 8e : y = 20 × 8 + 185 = 345.

Interprétation : les ventes augmentent d’environ 20 000 articles par trimestre. La méthode de Mayer est moins précise que les moindres carrés, mais elle se calcule de tête, sans tableau de produits.

Méthode 3 : les coefficients saisonniers

Les deux méthodes précédentes donnent une tendance, mais elles lissent la saisonnalité. Or beaucoup d’activités ont des pics et des creux réguliers (jouets en décembre, glaces en été…). Les coefficients saisonniers servent justement à mesurer ce poids de chaque période, puis à répartir une prévision annuelle entre les périodes.

Le coefficient saisonnier d’une période est le rapport entre la valeur de cette période et la moyenne générale :

  • coefficient saisonnier = valeur de la période / moyenne générale

Un coefficient supérieur à 1 signale une période forte, inférieur à 1 une période faible. La somme des coefficients doit être égale au nombre de périodes (4 pour des trimestres).

Exemple. La boutique Glace & Co vend des glaces artisanales et connaît une activité fortement saisonnière, avec un pic en été et un creux marqué en hiver. Avant de planifier ses recrutements saisonniers et ses approvisionnements, la gérante étudie la répartition de son chiffre d’affaires sur les quatre trimestres de l’année écoulée (en milliers d’euros) :

TrimestreCA (k€)Coefficient (CA / 175)
T11801,029
T21400,800
T31200,686
T42601,486
Total7004,001 ≈ 4

La moyenne trimestrielle vaut 700 / 4 = 175.

Chaque coefficient est obtenu en divisant le CA du trimestre par cette moyenne (par exemple T1 : 180 / 175 = 1,029).

Supposons maintenant qu’on prévoie un CA annuel de 800 k€ pour l’année suivante. La moyenne trimestrielle prévue est 800 / 4 = 200. On répartit en multipliant 200 par chaque coefficient :

TrimestreCalcul (200 × coefficient)Prévision (k€)
T1200 × 1,029205,8
T2200 × 0,800160,0
T3200 × 0,686137,2
T4200 × 1,486297,2
Total800,2 ≈ 800

Interprétation : le 4e trimestre concentre près de 37 % du chiffre d’affaires annuel, contre à peine 17 % au 3e. Cette méthode permet de prévoir au plus juste les stocks et le personnel période par période.

Quelle méthode de prévision des ventes choisir ?

Les trois méthodes ne répondent pas à la même question. Les moindres carrés et Mayer cherchent une tendance ; les coefficients saisonniers répartissent une prévision. Le tableau ci-dessous résume leurs usages.

MéthodeÀ quoi elle sertPrécisionQuand l’utiliser
Moindres carrésTrouver la droite de tendanceÉlevéeSérie régulière, calcul soigné attendu
MayerTrouver une droite de tendance rapideMoyenneCalcul rapide, nombre pair de périodes
Coefficients saisonniersRépartir une prévision par périodeÉlevée sur la saisonnalitéActivité saisonnière marquée

Astuce : les deux familles se combinent. On dégage d’abord la tendance (moindres carrés), on prévoit le total annuel, puis on le ventile avec les coefficients saisonniers. C’est exactement la démarche attendue dans beaucoup d’exercices de gestion opérationnelle.

Exercice corrigé

Énoncé

Le Comptoir des Halles est un café-restaurant situé près du marché couvert de Reims. Sa gérante prépare son budget prévisionnel et veut estimer le chiffre d’affaires de l’an prochain afin de calibrer ses achats et son recrutement. Elle dispose de l’historique du chiffre d’affaires des cinq dernières années (en milliers d’euros). À l’aide de la méthode des moindres carrés, ajustez une droite y = a×x + b, puis prévoyez le chiffre d’affaires de l’année 6.

Année (xi)CA en k€ (yi)xi·yixi²
11881881
22164324
32367089
424899216
52521 26025
Σ = 15Σ = 1 140Σ = 3 580Σ = 55

Corrigé

On calcule d’abord les moyennes : x̄ = 15 / 5 = 3 et ȳ = 1 140 / 5 = 228.

  • a = [Σ(xi·yi) − n·x̄·ȳ] / [Σ(xi²) − n·x̄²] = (3 580 − 5 × 3 × 228) / (55 − 5 × 3²) = (3 580 − 3 420) / (55 − 45) = 160 / 10 = 16
  • b = ȳ − a·x̄ = 228 − 16 × 3 = 228 − 48 = 180

L’équation de la droite d’ajustement est donc y = 16x + 180.

Pour prévoir l’année 6, on remplace x par 6 : y = 16 × 6 + 180 = 96 + 180 = 276 k€.

Interprétation : le chiffre d’affaires progresse en moyenne de 16 000 € par an, et la prévision pour l’année prochaine s’établit à environ 276 000 €. La gérante peut bâtir ses commandes et son plan de recrutement sur cette base.

Erreurs fréquentes

  • Numéroter les x n’importe comment. Le rang doit commencer à 1 et avancer régulièrement (1, 2, 3…). Sauter une période fausse la pente.
  • Oublier de multiplier par n dans les moindres carrés. La formule contient n·x̄·ȳ et n·x̄², pas seulement x̄·ȳ.
  • Mal couper la série dans Mayer. Les deux groupes doivent avoir le même nombre de périodes. Si le total est impair, on écarte la valeur centrale.
  • Confondre les deux moyennes en saisonnier. Le coefficient se calcule sur la moyenne du passé, mais la répartition utilise la moyenne de la prévision future.
  • Ne pas vérifier la somme des coefficients. Elle doit être proche du nombre de périodes (4 pour des trimestres, 12 pour des mois).

FAQ – Prévision des ventes

Pour aller plus loin

Pour maîtriser ces calculs de prévision des ventes en épreuve, le plus efficace est de s’entraîner sur des cas chiffrés.

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